20.08.2008
Un homme d’exception né à Morlaix : Henri Rol-Tanguy (1908-2002)
Fils d'un officier marinier et d'une blanchisseuse, Henri Tanguy est né à Morlaix, le 12 juin 1908. Après des études primaires à Toulon, Brest et Cherbourg, il devient ouvrier métallurgiste dès l'âge de quatorze ans. En 1925, il travaille comme tôlier en carrosserie à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt. Cette même année, il adhère aux Jeunesses communistes puis devient responsable de la cellule communiste de l'usine. La direction de l'usine le licencie au bout de quelques mois pour fait de grèves. Après son service militaire, il est embauché à l'usine d’aviation Bréguet où il crée une cellule communiste et un syndicat CGTU, mais est licencié à nouveau en 1935 du fait de ses activités militantes. En octobre 1936, il est élu à la direction de l’Union des Syndicats des Travailleurs de la Métallurgie CGT de la Région parisienne.
En 1937, il s’engage dans les rangs des Brigades internationales, pour combattre Franco au côté des républicains espagnols ; le 18 juin 1938, il est blessé d'une balle dans la poitrine sur le front de l'Ebre.
Mobilisé dans l'armée française en 1939, Henri Tanguy prend part aux combats de juin 1940, lors de l‘invasion allemande. Dès sa démobilisation, en août 1940, il reprend contact avec les communistes et entre dans la clandestinité. Il participe à la mise sur pied de l'Organisation spéciale du PCF chargée de la protection armée des actions de résistance. En août 1941, il est responsable militaire de ces groupes armés pour la région parisienne qui sont fondus, en février 1942, dans les FTP (Franc-Tireurs et Partisans). Après avoir changé de zone pour raison de sécurité, il revient en région parisienne et intègre, en octobre 1943, l'état-major des FFI (Forces françaises de l’Intérieur) des onze départements de la région parisienne où il représente les FTP. En juin 1944, il est nommé Colonel, chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise). C'est alors, qu'il prend le pseudonyme Rol, nom d'un combattant des Brigades internationales, Théo Rol, tué en 1938 pendant la bataille de l'Ebre .
Henri Rol-Tanguy se consacre à la préparation de la libération de Paris en liaison étroite avec le Comité parisien de Libération qui coordonne les organisations de résistance de la capitale. Le 10 août 1944, c’est l’entrée en grève des administrations parisiennes et le 18 août, c'est la grève générale. Le même jour, Rol-Tanguy fait afficher l'ordre de mobilisation générale des parisiens. Dès le lendemain, les barricades commencent à s’ériger dans tous les arrondissements. Le 20 août, la préfecture de police est prise. Dans les journées du 20 au 24 août, Rol-Tanguy réalise une manœuvre générale libérant la quasi-totalité de la capitale. Enfin, le 25, avec l'appui de la 2e DB, l'insurrection parisienne contraint le général allemand Von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, à la reddition sans condition. Le Général Leclerc, et le Colonel Rol-Tanguy reçoivent conjointement et signent l'acte de reddition à l'intérieur de la Gare Montparnasse. 
Le Colonel Rol et son état-major des FFI de la région P1
Le 18 juin 1945, Rol-Tanguy est décoré de la Croix de la Libération par le Général de Gaulle et devient militaire d'active avec le grade de lieutenant-colonel.
Comme beaucoup d’officiers issus de la Résistance, dans le contexte de la guerre froide et des guerres coloniales - qu’il désapprouvait -, Rol-Tanguy fut « mis au placard » de l’armée jusqu’à sa retraite en 1962. Il n’a cessé, cependant, d’agir en direction de la jeunesse pour l'alerter sur l’horreur du fascisme et lui transmettre les valeurs humanistes de la Résistance. Il était en outre président de l’Association des Anciens Combattants de la Résistance et de l’Amicale des Volontaires en Espagne républicaine.
Après son décès, le 8 septembre 2002, une cérémonie officielle sera organisée à sa mémoire dans la cour de l'Hôtel des Invalides où le Président de la République, M.Chirac, lui rendra un hommage funèbre.
Source : numéro spécial de la revue Notre Musée consacré à Henry Rol-Tanguy. Musée de la Résistance nationale 88, avenue Max Dormoy 94501 Champigny-sur-Marne 0148814597
04:25 Publié dans PAYS DE MORLAIX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Henri Rol-Tanguy et le cinéma
En 1966, René Clément* a réalisé un film évoquant les évènements de la libération de Paris, intitulé Paris brûle-t-il ? Le scénario est inspiré du livre homonyme de Dominique Lapierre et Larry Collins. La légende veut que, durant les combats de la libération de Paris, Hitler ait téléphoné au gouverneur militaire, le Général von Choltitz, pour lui hurler, fou de rage : « Paris brûle-t-il ? »
Le rôle du Colonel Rol-Tanguy est confié à Bruno Cremer. D’autres acteurs célèbres figurent au générique : Alain Delon, Kirk Douglas, Claude Rich, Michel Piccoli, Jean-Pierre Cassel, Jean-Paul Belmondo, Simone Signoret, etc.
Jeudi 21 août 2008 à 20.50 heures, ce film sera rediffusé sur France 3.
(*) Le premier long métrage de René Clément - La Bataille du Rail (1946) - rendait hommage à l'action des cheminots dans la Résistance. René Clément est aussi connu pour d'autres films, en particulier Le Père tranquille (1946), La Belle et la Bête (1946), Les Maudits (1947), Jeux interdits (1952), Monsieur Ripois (1954), Gervaise (1956) et Barrage contre le Pacifique (1958).
04:20 Publié dans PAYS DE MORLAIX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Chine : le cinéma met le doigt là où ça fait encore mal
Hu Jintao, dans son rapport d’ouverture au dernier congrès du Parti communiste chinois, se réjouissait que « le nombre des habitants ruraux nécessiteux soit passé de plus de 250 millions à quelque 20 millions aujourd'hui ». Pour ce pays de 1.300 millions d’habitants et son héritage de sous-développement légué en grande partie par l’oppression coloniale occidentale, c’est indéniablement un succès. Mais 20 millions de pauvres c’est toujours de trop. C’est ce que rappelle le cinéaste chinois Tao Peng dans un film de 2007 qui vient de sortir à Paris : La môme Xiao. On y parle d‘achat d‘enfants, de mendicité, de trafic d‘organes, bref des habituels fléaux qui accompagnent la misère que ce soit en Chine, en France ou au Brésil.
Des critiques français - toujours « bien intentionnés » vis-à-vis de la Chine - ont cru bon d’opposer cette triste réalité aux fêtes qui accompagnent les actuels Jeux olympiques. Les mêmes ont-ils jamais pensé faire le rapprochement entre la misère sordide des quartiers populaires de Liverpool ou de Manchester - montrée par les films de Ken Loach - et les fastes de la cour d’Angleterre ? Mais dans le fond, il y a une logique involontaire à cela. D’un pays qui se prétend socialiste, on exige des preuves, alors que d’un pays capitaliste, on n’attend plus rien.
L’industrie du cinéma occidental exploite plutôt l’image de la pauvreté comme un élément pittoresque autorisant des scènes de violence ou de compassion sans lendemains (voir les films sur les favelas brésiliennes). Le film de Tao Peng, lui, résonne comme une alarme destinée à la société chinoise et à ses dirigeants. Sèchement, sans complaisance, sans fioritures.
04:10 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Chine : la Sécurité sociale pour tous à l'horizon 2020
Pour M. Chen Zhu*, Ministre de la Santé de la République populaire de Chine, « le but de cette réforme - définie lors du dernier Congrès national du Parti communiste chinois en octobre 2007 - est de pouvoir proposer un système de soins médicaux et d'assurance médicale accessible à tous en Chine. Nous allons d'abord, d'ici à 2010, fixer un cadre général à cette réforme puis étaler son application jusqu'en 2020. Nous allons également remettre à niveau l'ensemble des infrastructures médicales du pays et lancer un vaste programme de formation du personnel dans tous les hôpitaux. Cette réforme doit bénéficier à tous, en priorité aux habitants des campagnes, aux citadins âgés ou sans travail et aux enfants.»
Selon lui, un système de Sécurité sociale de base est actuellement offert à 80% des régions rurales. Le montant des fonds qui lui sont attribués sera doublé, dès cette année, pour obtenir sa généralisation.
(voir l'interview de M. Chen Zhu, Chine Plus, 2e trimestre 2008, revue française éditée par le groupe Hachette Filipacchi).
(*) M. Chen Zhu est un hématologue de renommée mondiale. Il s'est formé à la médecine traditionnelle chinoise et à la médecine occidentale, notamment à l'hôpital Saint-Louis de Paris. Il a mis au point un traitement contre une des formes les plus redoutables de la leucémie.
04:05 Publié dans DE LA CHINE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis, Hitler et le racisme
« Faisions-nous réellement la guerre pour démontrer que Hitler se trompait quant à la supériorité de la « race » aryenne sur les races inférieures ? Dans les forces armées américaines, les Blancs et les Noirs restaient séparés. Lorsque, au début de 1945, les troupes furent embarquées sur le Queen Mary pour aller combattre sur le sol européen, les soldats noirs prirent place dans les profondeurs du navire à côté de la salle des machines, aussi loin que possible de l’air frais du pont, dans une sorte d’étrange remake des transports d’esclaves d’autrefois.
La Croix-Rouge, avec l’accord du gouvernement, ne mélangeait pas le sang des Noirs avec le sang des Blancs. »
Howard Zinn, Historien, Professeur émérite à la Boston University, Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours …, Agone Ed., 2002. (pp. 470 et 471)

Howard Zinn, engagé volontaire dans l'US Air Force, était à bord du Queen Mary. Il participa aux opérations de bombardements sur l'Europe.
04:00 Publié dans POUR MEMOIRE... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.08.2008
Un message en provenance d’Hiroshima pour les marcheurs du Menez Hom
Il y a 63 ans Hiroshima et Nagasaki étaient victimes de la folie meurtrière atomique. Alors que rien ne le justifiait, ces deux villes ont servi de sites d’expérimentation d’une nouvelle arme faisant de leurs habitants de véritables cobayes humains.
Aujourd’hui encore, les blessures ne sont pas refermées et les souffrances des Hibakusha, victimes de cette barbarie, perdurent. Présente à Hiroshima à l’occasion des commémorations de cette tragédie, la délégation du Mouvement de la Paix tient à vous faire partager son émotion et son indignation à l’écoute du témoignage des 270.000 Hibakusha encore en vie au Japon, en Corée, au Brésil et ailleurs encore.
Combien de temps encore les puissances nucléaires vont-elles bafouer impunément la loi internationale ?
Quelle crédibilité leur accorder quand elles augmentent leur potentiel atomique pour leur sécurité tout en le déniant aux autres ?
Les armes de dissuasion n’existent pas. Toute arme finit par être utiliser tôt ou tard.
[…] La conférence de révision de 2010 du Traité de Non Prolifération doit être un rendez-vous avec l’histoire pour qu’un pas irréversible soit franchi pour l’élimination des armes nucléaires et l’avènement d’un monde débarrassé du péril atomique qui menace chaque jour notre existence. Nous avons 21 mois devant nous pour y parvenir.
6 août 2008
10:40 Publié dans ACTUALITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







